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«...Lila, tu as laissé au milieu de la pièce, comme souvenir, notre sac en toile de linge sale... Alors, alors, je suis à la laverie, j’enfourne nos semaines dans le tambour, nos intimités au bout de mes doigts, je ferme le hublot, je ferme bien le hublot avant le grand voyage ; au-dessus je soulève le clapet, laisse couler la poudre piquetée de bleu dans l’entonnoir, tourne la mollette du programmateur, et pendant toutes ces menues manœuvres mon feutre noir court sur la feuille, grossit le journal-poème de Valère Prindel...
Et tourbillonnent nos vies à travers le hublot, nos vies embrassées, concentrées, nos vies boules-énergie, nos vies-obus, nos vies prêtes à jaillir, à faire sauter la laverie, à éclabousser les étoiles inertes de cette nuit de novembre, à exploser en feux grégeois de l’amour et du chant !...» |
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Laurent Vignat peint magistralement l’ambiance tendue d’une campagne municipale dans un petit bourg. Mais, ses personnages ne sont jamais manichéens. Avec son regard tendre d’humaniste, il trace des portraits tout en nuances de ces « héros » banals et modestes qu’il sait rendre attachants.
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