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Raphaëlle ou l'ordre des choses

Raphaelle ou l'ordre des choses

Le terroir gascon n’est ici que le décor d’un drame humain plus universel : celui des ravages causés sur le fils par le non amour de la mère et le piège de l’ordre des choses.
Georges est un paysan. Il vit dans le vignoble du Madiran aux environs de 1900 pendant la crise du phylloxéra. A ce titre, le roman évoque aussi les travaux et les jours d’un microcosme rural pris dans les prémisses douloureuses d’une profonde mutation.
Ecrit à la première personne, RAPHAËLLE ou l’ Ordre des Choses est essentiellement un long cri de rage. Pour échapper à cette mère qu’il croit attachée à lui nuire, Georges évoque dans ce journal de la souffrance et des espoirs quotidiens, les diverses issues explorées : l’amour, la réussite sociale et le verbe.
Son écriture exprime son trop-plein de vitalité, de violence, de désir, et la fusion avec la terre. Sa ponctuation vise souvent à rendre la respiration de la pensée ou de l’émotion ou même le rythme de la transe. Sa langue, à la fois riche et chatoyante, savante et poétique, savoureuse et populaire est celle de l’ancien séminariste, du professionnel de la viticulture et du paysan gascon.
Quatre figures de femmes marquent l’histoire de Georges : la Mancogne, sorte de monstre femelle, à la tendresse animale, Alphonsine à la beauté sensuelle, Raphaëlle qui condense le désir d’idéal. Mais la femme la plus prégnante reste la mère détestée. Elle pèse à la façon de cet ordre des choses qui, pour l’essentiel, impose sa voie.

QUELQUES CRITIQUES SUR "RAPHAELLE ET L'ORDRE DES CHOSES"

« La note (…) est tenue jusqu’au bout. Un manuscrit dont on ne peut que louer la qualité ». (Editions Grasset)

« Un roman riche et puissant » (Editions J .C.Lattès) « De très beaux moments d’écriture, des qualités indéniables, un début formidable, quelque chose de très moderne dans le ton qui déjoue l’aspect convenu du roman d’époque ». (Editions du Seuil ) « Un texte superbe, je dois le reconnaître ». (Editions Balland) « Votre style nous a favorablement impressionnés. Vous possédez sans conteste un ton singulier ». (Editions Fayard) « J’ai été captivé par ce beau roman (…). Son écriture est riche et forte, et donne vie à un personnage complexe, tourmenté, dont l’échec est exemplaire car il n’est pas dû à une pauvreté ou une médiocrité de caractère, à une faiblesse intime mais à un trop-plein de vie et à la violence des tensions contradictoires qui le déchirent. Et autour de ce « je » vit tout un monde que vous décrivez avec beaucoup de poésie er de vérité – ce qui fait aussi de ce livre un document sur les travaux et les jours d’une société rurale d’il y a un siècle, avec ses luttes pour assurer l’existence quotidienne, ses préjugés, ses conflits mesquins, ses distinctions de classes. (…) J’ai beaucoup aimé la façon dont le style épouse le temps de l’action, passant du mode narratif au mode lyrique-expressionniste dans les moments de pression ou d’explosion émotionnelles ». (André Noiray, philosophe)

« L’histoire est en elle-même terrible et magnifique. J’ai été frappé – entre autres choses – par la dramatique et la poétique des éléments qui en font la texture. Terre de fixation. Terre mère ingrate, sollicitée et travaillée en vain, terre d’inhumation et d’enfouissement… Eau de fraîcheur lustrale et de tous ces reflets comme de tous les abandons… Feu(x) de l’initiation matinale, des signaux, du passionnel et de l’incendie destructeur… Air de légèreté et de liberté, air de l’envol, de l’aura ou de l’apparence illusoire, élément du plus léger battement d’aile qui peut tout changer et dont rêve celui qui manque d’air. Discords et accords des éléments font le monde de haut en bas : le ciel se reflète dans l’eau du puits, Georges lève les yeux vers les hauteurs mais creuse la terre vers la lumière et vers l’eau, le peuplier du crépuscule soutient l’équilibre entre l’aspiration vers le ciel et l’arrimage à la terre, le magnolia fait le lien entre le dedans et le dehors, le haut et le bas, la lumière et l’ombre, l’air, la terre et l’eau, le végétal et le minéral ; sa fleur a toute la présence et la distance inaccessible d’une chair. Est-ce que le texte des cahiers enfermés dans le marbre et destiné à la plus froide des mères ne contient pas toute la charge explosive et incestueuse d’un désir brûlant de mettre le feu au monde pour enfin se donner de l’air ? Ce n’est ni La Terre de Zola, ni Vipère au Poing de Bazin ; c’est à la hauteur du Château de Kafka, mais en allant jusqu’à la plus haute chambre (vide ?). Quelque part entre l’utopie des amants de Tristan et Yseult (un château transparent avec des concerts sans fin) et le nihilisme de Flaubert (« il existe en tout homme une chambre royale, mais elle est fermée »). » (Christian Cavaillé, philosophe)

Roland Laurette est agrégé de Lettres Modernes. Il dirige aussi deux manifestations musicales qui ont fait leur chemin : le "Festival de la Vallée et des Gorges du Tarn", et "Les Moments Musicaux de Millau". Il a achevé un second roman : Le Malheur des pierres, et il travaille sur le suivant.

Prix: 18 Euros

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